Appel à la journée de recueillement: la note illégale du maire de Port-Gentil

Dans un message prononcé à la Nation le 29 septembre dernier, Jean Ping avait invité «  le peuple Gabonais à observer, le jeudi 6 octobre 2016, une journée nationale de recueillement pour nos morts et de compassion pour toutes les familles endeuillées, et toutes les victimes de la barbarie qui s’est abattue sur notre pays.

Le jeudi 6 octobre 2016, les Gabonais des neuf (9) provinces et de la diaspora sont invités à rester chez eux et à observer une journée de recueillement, de méditation et de réflexion. »

Suite à cet appel, plusieurs agents du secteur public et privé dénonçaient faire l’objet des menaces et d’intimidations  s’ils venaient à s’absenter ce jeudi. Mais aucune note officielle ne venait confirmer leurs propos.

Sylvestre Onanga, Secrétaire général de la mairie de Port-Gentil a donc produit, sur instruction du Maire de Port-Gentil, Bernard Aperano, une note de service, répertoriée n°00056/POM/DB/CPG/CAB.M/SG/MY2016 à l’endroit des « secrétaires généraux d’arrondissement, les directeurs et chefs de services de l’administration municipale » qu’il a sommé  « de dresser une liste de présence au poste des agents municipaux pour la journée du jeudi 06 octobre 2016 ».

L’objectif visé par l’établissement de ces listes est de sanctionner pécuniairement « les agents absents à leur poste de travail ». Lesquels « ne recevront pas leurs émoluments du mois en cours. » Conclut la note.

Or, l’article 145 du Code du travail dispose « aucun salaire n’est dû en cas d’absence. » ce qui signifie que seuls  les jours d’absence constatés et non justifiés peuvent donner lieu à une suspension de salaire.

Une sanction qui viendrait privé un employé de son salaire mensuel pour une seule journée d’absence sera frappée d’illégalité car, pour une seule journée d’absence, un employé ne saurait se voir privé de la totalité de son salaire.

Une telle sanction, si elle venait à être appliquée, peut donner lieu à une procédure contre la mairie de Port-Gentil, devant les juridictions compétentes. C’est-à-dire, devant le tribunal du travail pour les contractuels de la mairie, soumis aux dispositions du code du travail ou devant le tribunal administratif pour les fonctionnaires municipaux.

Lauris Pemba, 

Gabon Media Time 


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