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De la nécessité d’un vote citoyen de la jeunesse gabonaise

« Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années », cette citation célèbre de Pierre Corneille devrait inspirer la jeunesse gabonaise. En effet, le jeune, maillon essentiel de la population doit se positionner non pas comme spectateur, mais plutôt en tant qu’acteur de la vie de son pays et cela à tous les niveaux tant politique que social, économique, environnemental, etc. En tant que jeune,  nous croyons vertement en nous; raison pour laquelle il nous paraît utile d’envisager un scénario national où la jeunesse interviendrait activement dans les affaires de notre patrie et plus particulièrement dans le processus électoral à venir.

Dans les démocraties occidentales, la question de la place des jeunes dans la société ne se pose pas. Ces derniers disposent de moyens pour se faire entendre et surtout d’une visibilité hors norme leur permettant de contribuer à l’essor de  l’État et cela dans plusieurs domaines. Au niveau politique par exemple on trouve dans de nombreux partis politiques français une frange jeune telle que les jeunes socialistes du PS, les jeunes républicains du parti Les Républicains, les jeunes démocrates UDI pour le cas de la France. Au sein des universités, les étudiants siègent également au Conseil de ces dernières à travers les syndicats étudiants (UNEF, UNI, MET…) et participent activement à la vie des établissements. Tel n’est pas le cas de notre pays le Gabon. La considération de nos gouvernants pour la jeunesse et ses ambitions laisse apparaître un relent de scepticisme sur leurs intentions. Le jeune est souvent sollicité et valorisé dans notre pays à l’approche des joutes électorales. Quoi de plus normal, lorsqu’on sait qu’au Gabon, la jeunesse constitue entre 60 et 75% de la population.

Nous souhaitons ainsi à travers cet article attirer l’attention du jeune sur le bien-fondé de sa contribution au développement de la Nation par le truchement de sa participation à la prochaine échéance électorale par l’importance du vote citoyen.

Feu Omar Bongo Ondimba avait coutume de dire la « Jeunesse est sacrée ». Plus qu’un slogan cette assertion devrait être prise au premier degré. Oui, la jeunesse est à placer au premier plan, mais plus que tout le jeune doit apprendre à saisir toutes les opportunités, ne serait-ce que les plus maigres dont il dispose pour se faire entendre. Ainsi dans une telle situation, le vote est l’option idéale pour exprimer nos positions au Gabon. Pourtant, au lieu de cela, criarde est l’abstention des jeunes lors des élections. En effet, comme le démontre une étude récemment menée en 2013 par le Réseau des organisations libres de la société civile pour la bonne gouvernance (ROLBG) soutenue par le Fonds des Nations unies pour la démocratie (FNUD), le vote n’est pas une habitude ancrée chez les jeunes gabonais : «seulement 27% des répondants (jeunes de 18 à 30 ans) disent avoir participé à l’élection présidentielle de 2009 et 17% aux législatives de 2011». Il s’agit là d’une réalité qui affecte forcément la participation générale aux diverses élections. Pour illustrer cela notons par exemple que lors des élections législatives de décembre 2011, on enregistrait officiellement un taux d’abstention de 66%, dont les chiffres contestés par l’opposition faisaient quant à eux état d’un taux d’abstention de 85%.

C’est un fait, le jeune gabonais ne vote pas !

Le problème est d’une telle acuité à tel point que tenter de saisir les méandres de ce phénomène reviendrait à se perdre, tellement plusieurs justifications alliant  entre autre défaitisme, désintéressement, anorexie ou asthénie peuvent être évoquées, les unes se révélant aussi pertinentes que les autres. Qu’importe, le jeune gabonais ne vote pas.  

Plutôt que de justifier ce comportement, nous exhortons la jeunesse gabonaise à prendre position, à prendre ses responsabilités en exerçant son droit le plus absolu de citoyen qu’est le droit de voter. Le vote est un droit garanti par la Constitution, l’expression par excellence de la démocratie et la délégation parfaite de notre part de souveraineté. Il s’agit d’un procédé par lequel nous devrions être en mesure de manifester notre attachement à plus qu’une simple orientation politique, un parti politique, un clan, une ethnie, mais en l’avenir de notre pays.

Voter ne devrait pas consister à choisir son camp mais agir pour le Gabon. Le vote de la jeunesse, frange ô combien représentative de la société gabonaise, peut être lourd de conséquences. Même si plusieurs d’entre nous croient savoir ce qu’est le vote, force est de constater que beaucoup ignorent encore sa portée.

En votant, le jeune citoyen contribue de manière directe à la vie politique de notre pays, mais plus encore, sa volonté exprimée telle que manifestée a un impact sur les politiques économiques, sociales, environnementales, etc.

Voter peut changer une dynamique soporifique en un entrain hyper actif”. Nous considérons que le vote citoyen est l’arme la plus efficace pour accéder à l’alternance.

En quoi consiste un vote citoyen ?

Le vote citoyen est un choix, une expression de volonté dénudée de connotation subjective. C’est un vote aux antipodes de l’amitié, des pots de vin et même de la parenté. Un vote est citoyen lorsque son auteur prend conscience des réalités de son environnement, de son arrondissement,  de sa commune, de sa province, de son pays, voir même de sa sous région … Pour porter son choix sur la personne qu’il estime être apte à l’administrer, à assurer par cette occasion son développement et le bien-être des habitants.

Il est bien triste de devoir admettre que ce vote n’existe qu’avec parcimonie chez nous, sinon pas du tout ! Le gain, les t-shirts, les gadgets, les casquettes et autres subterfuges sont exploités par les hommes et femmes politiques pour gagner la confiance des jeunes et les rallier à leurs causes.

Toute cette mascarade doit cesser !

Il est prépondérant aujourd’hui plus qu’hier, de rompre avec ces pratiques saugrenues. Ces pratiques qui nous appauvrissent et abandonnent dans la décrépitude nos villages et nos villes.

Au lieu d’être un maillon utile à la satisfaction d’une cause d’intérêt général, la jeunesse est instrumentalisée et déployée pour atteindre des intérêts personnels. Ces pratiques doivent cesser. Car la jeunesse a besoin de s’affirmer, de prôner des valeurs de leadership et de solidarité, et ce, au quotidien. Ce n’est qu’en lui fournissant les moyens de faire entendre son point de vue qu’elle se sentira concernée par l’avenir du pays. La jeunesse est la prospective d’un futur radieux à condition que cette dernière soit soutenue.

Le slogan « Gabon d’abord » doit être en avant à chaque élection, notamment à la présidentielle qui est l’élection qui porte le choix du compatriote qui aura pour un septennat à conduire la destinée de tout un peuple. La jeunesse se doit d’opter en faveur du choix de la raison et non du ventre.

 

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Harold Leckat

Juriste, fondateur de Que Dit La Loi